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VERRERIE D'ART   
SOUFFLEUR DE VERRE : UN METIER D'ART SIGNE MAXX TOSI


HISTOIRE DU VERRE SOUFFLE ... Un voyage à travers le temps ... suite ...
PROCEDURE DE FABRICATION ... Sous vos yeux, un artiste verrier fait naître un vase en verre soufflé ...  suite ...

PROCEDURE DE FABRICATION
exemple : LE VASE
La technique de base consiste à cueillir le verre en fusion à l’extrémité d’une canne creuse dans laquelle on souffle afin de donner à l’objet la forme désirée. Le travail du verrier à la main se décompose en plusieurs étapes.

Première étape :

Cette étape primordiale consiste en la préparation du matériel : mise à chauffer des cannes afin que celle-ci permettent une adhérence parfaite au verre, pour le maintient de la pièce tout au long de la procédure.




Seconde étape :
Le cueillage : A l’extrémité d’une canne d’acier réfractaire creuse mesurant environ 1.20m, le cueilleur prélève dans le four une boule de verre en fusion : la paraison. Cette boule est plus ou moins grosse selon la dimension du modèle.


Troisième étape :
La boule doit être marbrée c'est-à-dire que l’on répartit son épaisseur de façon uniforme et l’on positionne le verre dans l’axe de la canne.


Quatrième étape :
Le soufflage : le verrier souffle dans la canne pour gonfler la paraison.
La masse de verre prend forme, c’est l’ébauche.



Cinquième étape :
Seconde prise de verre sur lequel on applique de la poudre de verre, ici de couleur rouge (colorée grâce à des oxydes métalliques).


On chauffe l’ensemble dans le « glorie » pour l’amalgamer.




Sixième étape :
Il faut ensuite maillocher la paraison c'est-à-dire faire rouler dans une forme creuse en bois humidifié, afin de répartir son épaisseur.


Septième étape :
Une nouvelle prise de verre est alors effectuée pour « emprisonner » la couleur.
Ainsi le volume de la pièce augmente.

  
Entre chacune de ces étapes, notamment à la prise de verre dans le four, on procède au refroidissement de la canne.



Huitième étape : 
On associe a nouveau à la boule de verre des couleurs et des feuilles d’or. On marbre et on souffle.

 
A l’aide de pincette on créé un décor qui sera unique pour chaque pièce.


Les feuilles d’or sont irisées et fixées à l’aide de chlorure d’étain.


On effectue une autre prise de verre pour « emprisonner le décor ».


On commence le tranchage, opération indispensable ultérieurement pour séparer la pièce de verre de la canne. (A l’aide d’une paire de "fers" on délimite la zone de séparation entre la canne et la pièce de verre)



Neuvième étape :
On travail la pièce pour la rendre uniforme, par maillochage.


On prend une dernière fois du verre que l’on mailloche pour pouvoir commencé a lui donné la forme du projet, en l’occurrence un vase.


Dixième étape :
On met au pontil : c'est-à-dire que l’on va prendre la pièce par l’autre extrémité à l’aide d’une barre d’acier à la même température que l’œuvre. Nous avions préalablement tranché la préparation, afin de séparer la pièce de la canne et de la fixer sur le pontil (au bout duquel se trouve du verre cueilli par l’aide verrier). La séparation se fait par choc thermique en insérant de l’eau au niveau de la tranche.


Onzième étape :
On chauffe a nouveau la pièce pour pouvoir la travailler et lui donner sa forme définitive (un vase).

 
Douzième étape :
Une fois la mise en forme terminée, on attrape le vase (à l’aide de pinces préalablement chauffées pour éviter les chocs thermiques) que l’on dispose dans une arche de re-cuisson à environ 520°C dans laquelle la pièce va descendre progressivement à température ambiante pour éviter les tensions.


Après 24h d’attente, on peut enfin sortir la pièce du four et observer le travail.


HISTOIRE DU VERRE SOUFFLE

Il faut remonter à la préhistoire, 100 000 avant notre ère, pour trouver des traces de l'utilisation du verre. L'obsidienne, un verre volcanique naturel, est déjà taillé par l'homme pour former ses pointes de flèches ; des billes de verre formées par des impacts avec des météorites servent également de bijoux ; enfin, les petits tubes issus de la fusion du sable touché par un éclair sont déjà connus.

Définition :  Le verre est le résultat du figeage progressif de certaines substances après leur fusion. C'est un matériaux parmi les plus utiles car il possède de nombreuses qualités : facile à modeler, transparent, il peut en outre prendre de très nombreuses formes. 

Premières utilisations : Si nous nous situons 100 000 ans avant J.C., le verre existe déjà naturellement depuis plusieurs centaines de milliers d’années. Nous pouvons penser que l’Homme l’utilisa pour la première fois il y a 100 000 ans sous forme d’obsidienne pour fabriquer des outils, des armes coupantes et des bijoux.

Premières fabrications : 3 000 ans avant J.C. Les premiers verres fabriqués par l’Homme proviennent du Moyen-Orient, de Mésopotamie, de Syrie ou d’Égypte. Ces verre ne sont pas encore transparents ou translucides mais opaques et de couleur verte ou bleue. 

Premiers épanouissements : 1 500 ans avant J.C. Le développement des fours permet d’atteindre de plus hautes températures, ce qui permet de mieux travailler les matières. Le verre devient peu à peu translucide et l'on voit alors se développer la fabrication d'imitations de pierres précieuses. Les premières fabrications en verre creux (vases, pots, flacons) apparaissent au même moment selon la technique du verre coulé. Puis l’émail apparaît vers 1 500 avant J.C. Substance vitreuse, elle est constituée d'un produit incolore, le fondant, que l'on teint dans la masse en ajoutant des oxydes métalliques. 

Apparition du verre soufflé : Ier siècle avant J.C. La paternité de cette nouvelle technique est attribuée à la Syrie qui invente la canne à souffler. Cette méthode va très vite se propager en Italie, puis en Gaule et en Espagne. Au même moment, le verre transparent apparait à Sidon (Phénicie), probablement à cause de la qualité des sables de la région et de la présence de natron. Cette découverte entraîne l'apparition d’une importante industrie. Grâce au soufflage à la canne, l’artisan, à bonne distance de la source de chaleur, peut donner forme à des pièces de tailles différentes. 

Le verre incolore se répand partir du IIIe siècle. Il est obtenu en ajoutant du manganèse, substance qui joue le rôle de purificateur. Cette teinte naturelle du verre bleu verdâtre est due à la présence d'oxydes métalliques contenus dans le sable qui sert à sa fabrication.   

Apparition du verre plat soufflé : On trouve les premières traces du verre coulé plat (5 à 6 mm) à Pompéi, là où il fut utilisé pour vitrer les fenêtres. Le verre plat va se développer grâce à deux inventions :
Le soufflage en couronne produit dans l’Ouest de la France et en Angleterre durera jusqu’au XIXe siècle. Le verre plat ne prend son essor qu’à partir de l’invention de ce nouveau procédé : d’abord un vase soufflé à fond plat que l’on fait ensuite tourner face à l’ouverture du four ; 
Le soufflage en manchon produit dans l’Est de la France et en Europe centrale : cylindre de verre obtenu par l’allongement de la paraison cueillie par le verrier. Le cylindre est ensuite fendu, ramolli et aplati. 

Ces procédés vont être utilisés durant toute la période du Moyen Âge pour la fabrication des vitraux.

Le verre à vitre : son était connu des romains mais peu répandu dans l’architecture civile jusqu’au XVe siècle. On se protège du vent et des intempéries par des moyens rudimentaires : volets de bois, toiles cirées, peaux ou papiers huilés éventuellement eux-mêmes protégés par des grillages. Peu de fenêtres sont vitrées. 

Au début du XIVe siècle naquit la première verrerie à vitre. Bézu-la-Forêt dans l'Eure voit les premières feuilles planes (« plats de verre ») inventées par Philippe Cacqueray. En 1698 au château de Saint-Gobain, Lucas de Nehou met au point le coulage des glaces. 

Production artisanale : L'art de la fabrication du verre procède vraisemblablement de l'art de la céramique. L'émaillage excessif des terres cuites donne des coulures qui se détachent. Se forment alors des gouttes colorées plus ou moins transparentes. Les premières productions artisanales remontent au IIIe millénaire av. J.C., au Moyen-Orient et en Égypte : glaçures d'objets et petites perles. 

La véritable fabrication d'objets en verre débute au IIe millénaire av. J.C. autour du bassin méditerranéen. Le Ier millénaire av. J.-C. se caractérise par les perles en forme de visage en Phénicie, les flacons à parfum hellénistiques façonnés, le verre mosaïqué souvent improprement appelé millefiori provenant des ateliers égyptiens. 

À partir du IXe siècle av. J.C., la Syrie devient un centre verrier important. 

Expansion : L'utilisation quotidienne du verre se répand sous l'Empire romain. L'usage du verre se démocratise largement pour les récipients et même les vitrages. Le verre entre aussi dans la décoration des demeures avec les tesselles de mosaïque, la bijouterie et les premiers vitrages de maisons ou d'édifices publics. Le verre semble être un produit d'exportation : vraisemblablement élaboré dans des « fours primaires » situés dans la partie orientale de la Méditerranée (Égypte, Syrie), il est ensuite acheminé par bateau dans tout le bassin méditerranéen. Il était alors refondu dans des « fours secondaires » pour la mise en forme par soufflage. 

Le verre romain se caractérise par une grande variété des formes, tant pour les récipients à boire que pour ceux destinés à la conservation ou le service des plats. Les différents décors sont obtenus par moulage ou façonnage à chaud grâce à l'application de filets, pastilles ou autres appendices en verre coloré ou non. La gravure, la dorure ou la taille existent également. 

Déclin : Au cours du Moyen Âge, la cessation quasi complète des échanges entre l'Orient et l'Occident entraîne un déclin important de l'utilisation du verre. L'Orient fournissait en effet les sables nécessaires, voire les verres déjà formés. En France en particulier, le verre est pourtant utilisé au moins à partir du VIe siècle pour faire des vitraux. Les verriers doivent apprendre à s'accommoder des sables de moindre pureté trouvés sur place, en dosant les divers additifs : oxydes métalliques que sont les colorants (et décolorants) 'oxyde de fer que contient le sable. Pour faciliter la fusion du sable, on utilise les cendres de plantes marines riches en soude, le problème étant qu'elles produisent une coloration involontaire. 

Regain à la Renaissance : C'est au XIIIème siècle que les verriers vénitiens s'établissent sur l'île de Murano. Ils se distinguent en fabriquant un verre nettement plus transparent et plus pur, d'une finesse et d'une légèreté remarquable appelé le cristallin. Le savoir-faire vénitien se répand dans toute l'Europe. On crée alors un verre dit "à la façon de Venise". Les verreries vénitiennes (entre autres Murano) réussissent à éliminer par lessivage les éléments colorants contenus dans les cendres végétales. Ce nouveau procédé permet d'obtenir un verre clair, le cristallo. Le cristallo va assurer à Venise pendant près de deux siècles la suprématie sur le marché du verre. Avec le début de la traite, la fabrication de verre augmente : les Européens échangent souvent colliers de verre contre esclaves avec les ethnies africaines. 

Au XVIIe siècle, les Allemands mettent au point des verres à la chaux de potasse. Ils sont plus fins, plus faciles à graver et plus durables. Le verre de Bohème est né.

Le verre cristal : En Angleterre au 17ème siècle, les verriers ont remplacé le bois par le charbon pour chauffer les fours. Des modifications pour garder la même qualité de verre conduisent à l'élaboration d'un verre lourd à base de silice et d'oxyde de plomb (24 à 30%). Ce verre d'une grande pureté est d'un éclat encore jamais atteint. C'est la naissance du cristal. Le verre cristal, destiné à imiter l'éclat du cristal, et contenant un fort pourcentage de plomb, est dû en 1676 à Georges Ravenscrotf, chimiste anglais. C'est seuelement en 1781 que la méthode est redécouverte en France aux cristalleries Saint-Louis.  

En France : Au 17ème et 18ème siècle, la France produit de très beaux objets utilitaires comme les services de verre. On découvre également l'opaline. 

A la fin du 19ème siècle, un nouveau style apparaît : l'Art Nouveau, avec comme chef de file Emile Gallé (Ecole de Nancy). Celui-ci fabrique un verre opaque, doublé, voire triplé de verre de couleur et décoré de ce qu'il observe dans la nature (fleurs, libellules…). C'est l'apparition du verre multicouche gravé. 

L'Art nouveau, avec ses formes végétales et naturelles, est un style exubérant. L''Art Déco qui lui succède au début du 20ème siècle se caractérise par des formes géométriques et stylisées.  

Aujourd'hui, le succès du verre soufflé ne se dément pas : en décoration aussi bien qu'autour de la table, le verre soufflé signe des objets uniques d'un effet décoratif incomparable.

Crédits : InfoVitrail

 
 
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